Historique

Fédération Africaine des Naturopathes

L'union fait la force et ensemble nous serons plus forts et plus influents!

Pour ceux qui ne renoncent à rien !

 

NOTRE HISTOIRE

 

Origine et création de la Fédération Africaine des Naturopathes

 

En 2008, un groupe de chercheurs pluridisciplinaires Africain effectue un voyage en Afrique afin de faire le point sur les méthodes thérapeutiques contemporaines qui y ont cours. Au cours de leur visite dans huit pays du continent, ce groupe de chercheurs et professionnels sont frappé par la façon dont dans quelques régions les africains appliquent conjointement et avec succès, les méthodes modernes et les méthodes fortes anciennes de la médecine traditionnelle (diagnostic des pouls, thérapies, massages, médicaments végétaux et minéraux).

 

À leur retour, l'un d'entre eux, le Dr Alpha Grace alors sociocriminologue en Suisse, organise dans plusieurs centres de recherches un séminaire d'études comparatives et interdisciplinaires, qui se tient de janvier 2010 au printemps 2011.

 

L'objectif de ce séminaire est alors de comparer la façon dont la médecine occidentale et la médecine traditionnelle Africaine peuvent décrire et soigner divers syndromes et maladies de type psychosomatique ou de type psychiatrique. Ce séminaire rencontre un vif succès, puisqu'il réunit plus de 75 participants : médecins occidentaux et Africains, psychologues, infirmiers, guérisseurs, physiothérapeutes, sociologues, juristes, anthropologues, écrivains, philosophes, etc.).

 

Le rayonnement de cette approche pluridisciplinaire se fait même bien au-delà du groupe de participants puisqu'il éveille rapidement un vif intérêt chez de nombreux soignants, thérapeutes et patients, comme auprès d'une partie de la population et de la presse.

GUÉRIR PAR LE CHANGEMENT, CHANGER PAR LA GUÉRISON

 

Le Dr Alpha Grace décide alors de pérenniser et de fédérer ces élans enthousiastes. Il conceptualise, dans cette perspective, avec plusieurs participants de ce séminaire, le projet d'une Fédération. C'est de cette démarche que la Fédération Africaine des Naturopathes voit le jour le 8 Aout 2012.

Le Comité de la Fédération, qui se réunit la première fois le 25 du même mois d’aout 2012, est alors constitué de:

 

•Dr Martin Sigam, médecin et vice-président.

•Mlle Rosane Daries, avocate et secrétaire du Comité.

•Dr Hermine Meido, ethnopsychiatre.

•Dr Zeze Jean-Jacques, médecine.

•Madame Bukola Phillips, anthropologue.

•Dr Prof. Kapet de BANA

 

Une séance d'inauguration à lieu le 5 septembre de la même année, à la grande salle polyvalente de Neuchâtel – Suisse. Une foule enthousiaste de plus de 200 personnes y assiste, avec, parmi elle, des représentants de diverses autorités et universitaires. À cette occasion, la Fédération crée un abonnement de soutien à ses activités auquel répondent déjà plus de 150 adhérents durant cette première année chiffre qui est sans continue à s’augmenter jusqu'à ce jour.

 

Sept années d'une riche et passionnante expérience

Portée par l'esprit et l'enthousiasme de ses débuts, la Fédération Africaine des Naturopathes a durant ses sept premières années d'existence, largement réussi à obtenir et à maintenir les résultats qu'elle espérait obtenir. Le regard rétrospectif que nous pouvons poser aujourd'hui sur le parcours effectué par la Fédération depuis sa création laisse émerger distinctement trois périodes d'activité.

 

La première période, de 2008 à 2010, a permis de réaliser un état des lieux des différentes méthodes de soin pratiquées en Europe et de participer activement aux débats publics et académiques ayant cours à leur sujet.

 

La seconde période, de 2011 à 2014, fut une période de développement. En se basant sur ses acquis, la Fédération a pu se consacrer à des activités de recherche, de formations et de réflexions originales au sein de la vie socio-sanitaire Afro-Européen.

 

La troisième période, qui a débuté en 2015 et qui s'achève avec l'application du concept que nous définissions dans ce document, fut une période d'analyse et de bilan, tant du contexte socio-sanitaire Afro-Européen que des activités de la Fédération. Mentionnons encore parallèlement à cette évolution, de 2015 à nos jours, l'investissement particulier et constant que la Fédération a accompli pour la Psynaturothérapie Africaine.

 

2008 -2015 : Un état des lieux et des propositions inédites dans le paysage socio-sanitaire Afro-Européen

Très impliquée dans le débat public sur la question des soins, de la santé et de la maladie, la Fédération Africaine des Naturopathes a implicitement, épousé les évolutions propres à ces domaines durant ces dernières années. Comme nous l'avons vu, lors de son avènement, la Fédération Africaine des Naturopathes a, tout d'abord, servi à explorer minutieusement la culture Africaine avec ses conceptions de la santé et de la maladie ainsi que ses pratiques de soin.

 

Raison pour laquelle l'identité même de la Fédération Africaine des Naturopathes en reste fortement imprégnée, le parrain de la Fédération Africaine des Naturopathes, Dr Martin Sigam, fut l'un des plus éminentes médecines traditionnalistes et la caution qu'il accordait à la Fédération authentifiait sans nul doute l'indiscutable qualité du travail qu'elle entreprit à propos de la culture africaine.

 

La Fédération Africaine des Naturopathes peut du reste se targuer d'être à l'origine du formidable développement de la Psynaturothérapie Africaine en Europe. Quasi inconnus en 2010, ces thérapies de soins et du bien-être son maintenant pratiqués dans la majeure partie des cités Européennes. Cette exploration a suscité au sein de la Fédération, une réflexion sur les techniques du corps en relation avec la santé avant de l'amener à réfléchir sur la notion de malheur et de ses ressources cachées.

 

Cette réflexion fut même à la base d'une thèse de médecine, rédigée par le Dr Martin Sigam sous la direction du Prof Kapet de Bana. La réflexion fut ensuite portée sur la notion de soin avant de s'orienter, en retour, vers une technique de soin, reléguée aux oubliettes alors même qu'elle détient un formidable potentiel thérapeutique dans le paysage sanitaire contemporain : le touché.

 

Après ce mouvement progressif, allant de la culture Africaine à celle des européens en passant par les techniques du corps, le soin et le malheur, la Fédération mit en œuvre un important chantier sur la question du pluralisme des pratiques de soin. Elle questionna en premier lieu la notion de comparaison et de différence avant d'aborder la vaste question du pluralisme médical dans notre société.

 

Sous l'impulsion du Dr Sigam et du Prof Bana, fut mis sur pied, le séminaire "entre les ancêtres et le scanner " durant lequel furent présentés et confrontés plus de quarante modèles de soin différents. Ce séminaire déboucha sur un congrès de deux jours organisé au Centre de Thérapie Ethnique à Montpellier - France et intitulé "Forum Médecine d’Ailleurs ".

 

Ce congrès fut l'occasion d'une rencontre dynamique et constructive entre les soignants des milieux alternatifs ou complémentaires et ceux des milieux académiques. Achevant ses cinq premières années d'existence en restant fidèle à sa mission de réflexion et de découverte de nouvelles formes de soin, la Fédération explora encore des thèmes tels que celui de la naissance du voyage et finalement de la médecine africaine.

 

La cinquième année d'existence de la Fédération fut l'occasion d'un bilan qui ne pouvait que conclure à la poursuite des différentes missions qu'elle s'était fixée. S'il était alors possible de tirer un bilan très satisfaisant de ces cinq premières années d'existence, il apparaissait cependant que les objectifs que s'était fixés la Fédération dans sa charte n'étaient pas encore totalement atteints.

 

Certes elle avait déjà su opérer un formidable travail de recensement et de comparaison entre différentes pratiques de soin, il lui restait cependant encore à explorer l'application directe et pratique d'une pratique originale et humaniste du soin.

 

De l'inventaire des modèles à l'exploration de la pratique du soin

Si, grâce à son imposant travail, la Fédération Africaine des Naturopathes avait déjà permis un repérage exhaustif des différents modèles de soins, elle fut cependant amenée à admettre qu'entre modèle conceptuel et pratique du soin, existe le plus souvent un énorme décalage, témoignant de deux réalités distinctes et différentes.

 

Gardant en ligne de mire l'objectif de l'application d'une pratique de soin originale et humaniste, la Fédération Africaine des Naturopathes mis dès lors un accent particulier sur l'analyse de l'activité soignante :

 

  1. •Tout d'abord en réfléchissant sur ce que soigner veut dire puis en replaçant le soin dans un contexte humain et donc philosophique, en traitant des thèmes de l'altérité puis de l'identité.
  2. •En donnant ensuite une place plus importante à la personne soignée, en la considérant en tant que personne active, détentrice de compétences et de ressources, telles que la résilience ou l'aptitude à l'entraide.
  3. •En visitant notre rapport à l'outil de soin dans lequel la médecine occidentale place tant d'espoirs : le médicament
  4. •En questionnant notre société sur son choix pour une médecine pour la médecine ou médecine pour la santé ?
  5. •En questionnant les systèmes sanitaires sur sa capacité à l'intégration de différents modèles et de différentes pratiques de soin.
  6. •En questionnant une autre culture africaine, afin de nous laisser éclairer en retour par ses savoirs et ses pratiques.
  7. •En abordant une réflexion sur certains dénominateurs communs entre les pratiques de soin : soigner en reliant, le changement et l’imagination.

 

Le temps d'un bilan fondamental

Le passage du cap des sept années d'existence fut l'occasion de tirer un bilan conséquent sur les activités réalisées par la Fédération en réponse aux buts et objectifs initialement formulés. Une année entière fut ainsi consacrée à ce bilan avec une intense activité d'évaluation et d'ajustement aboutissant finalement au présent concept.

 

Durant cette période, les activités publiques de la Fédération se firent plus rares, cédant la place à une enquête évaluative auprès des souscripteurs de soutien et des usagers habituels de la Fédération, du Centre de Thérapie Ethnique ainsi qu'à une intense réflexion entre ses différents collaborateurs internes et externes.

Cette période a de ce fait, débouché en premier lieu sur un profond remaniement du Comité de la Fédération afin de rendre celui-ci à la fois plus opérationnel, plus accessible et plus proche de la réalité quotidienne de la direction exécutive et de ses collaboratrices et collaborateurs.

 

Le Conseil suprême de la Fédération est ainsi actuellement composé des trois personnes dont la disponibilité et l'intérêt ont permis aux activités de la Fédération de se développer durant les cinq dernières années de son activité.

 

NOTRE CHARTE

 

Charte de la Fédération Africaine des Naturopathes

 

Soins scientifiques et soins traditionnels : le défis d’un nouveau regard

 

Les succès de la médecine scientifique ne font pas de doute. On sait que son efficacité thérapeutique lui a valu d'essaimer dans le monde entier, évinçant ici et là les méthodes de soins traditionnels, ou bien se juxtaposant à elles. On sait aussi que cette ingérence n'a pas empêché pour autant la diversité des recours thérapeutiques, et que certains savoirs traditionnels ont conservé leur prestige. Pour ne citer que trois exemples notoires, la médecine traditionnelle africaine, médecine taoïste chinoise et la médecine ayurvédique indienne n'ont cessé à ce jour de répondre aux demandes des populations concernées.

 

Il convient d'observer aussi que, depuis une quinzaine d'années, les populations occidentales expriment de plus en plus ouvertement leur volonté de recourir à des méthodes de soins différentes de celles de la science moderne. Des médecins marginaux et d'autres catégories de soignants pratiquant des méthodes réputées "douces" connaissent une vogue certaine dans les métropoles. Qui plus est, les gouvernements d'Occident et d'ailleurs montrent un intérêt certain pour cet élargissement de l'art de soigner. Par exemple l'acupuncture, vieille de plusieurs millénaires, est enseignée de nos jours dans les facultés de médecine de nombreux pays (Chine, Japon, Union soviétique, Canada, etc.).

 

Il n'est pas jusqu'à l'Organisation mondiale de la santé qui, en mai 1973, reconnaissait officiellement l'utilité des médecines traditionnelles pour la santé publique. Trois ans plus tard, cette même institution créait un programme spécifiquement consacré aux soins traditionnels. La résolution WHA 30.49 de sa trentième assemblée, en 1977, incitait les états à créer des facilités administratives visant à promouvoir les médecines traditionnelles (ce défi est déjà relevé au Mexique, par exemple, comme dans de nombreux autres pays de l'hémisphère austral).

 

Faut-il voir en ces indices les signes d'une remise en question de la médecine scientifique? Certes non, il est difficile de nier que cette médecine a fait ses preuves en bien des domaines et qu'elle continuera d'améliorer ses moyens dans le traitement et la prévention des maladies. Mais elle a aussi des limites, reconnues par ses représentants mêmes, et vécues par les patients. Non seulement elle essuie des échecs, mais elle comporte souvent des risques et des inconvénients. Sa volonté de puissance alterne avec ses aveux d'impuissance ou ses regrets navrés.

 

On songe par exemple aux effets secondaires indésirables de certaines thérapeutiques agressives, ou à la déshumanisation de la relation thérapeutique qui va souvent de pair avec les technologies de pointe, ou encore à l'augmentation alarmante du coût des soins. Par ailleurs, en se spécialisant, la médecine scientifique pratique une approche de plus en plus compartimentée de la santé.

 

Le malade se trouve maintes fois renvoyé d'un spécialiste à l'autre, quand il ne voit pas défiler à son chevet nombre de soignants, qui se partagent la mosaïque éclatée de ses organes. Chacun de ces médecins fait preuve d'une haute compétence technique, mais semble de plus en plus oublieux de l'intégrité du malade, songeant trop rarement à relier les diverses interventions entre elles, ou à assister le patient dans sa tentative de comprendre la signification du kaléidoscope thérapeutique.

 

Et lorsque celui-ci, inquiet, fragilisé par cette fragmentation de son identité, accuse des signes de détresse, le même processus logique se poursuit et aggrave le morcellement en l'adressant à un spécialiste de plus, le psychiatre. Ce n'est pas un hasard si, de la psychiatrie précisément, est venu un nouveau courant de pensée et d'action thérapeutique, mettant davantage l'accent sur la façon de relier les multiples composantes d'un système vivant (être humain, réseau familial et social, contexte des intervenants thérapeutiques, etc.), plutôt que de surenchérir dans une démarche analytique aux effets morcelants.

 

Cette nouvelle école situe les enjeux de la santé dans leur contexte environnemental quotidien, humain, socio-culturel, et physique. Elle se développe depuis une quarantaine d'années, en mettant la priorité sur une approche écosystémique des soins, soit une perspective qui s'enracine dans une interprétation écologique et globale des interdépendances entre l'homme et son environnement, et cherchant dans les très riches formes de communications multilatérales les règles sous-jacentes qui peuvent éclairer les causes d'une maladie, tout autant que les ressources qui permettent de l'améliorer ou de la prévenir.

 

La thérapie de famille, du couple, du milieu, l'intervention sur les réseaux en sont des applications cliniques confirmées à ce jour. D'autres formes d'interventions thérapeutiques telles que la psychologie médicale, la psychiatrie de liaison ou les stratégies appelées biopsychosociales concourent au même but. Ces diverses tentatives thérapeutiques, de nature pourtant scientifiques, semblent curieusement renouer avec l'antique tradition des chamans, dont la tâche consistait à servir d'intercesseur entre l'homme et son contexte global, à une échelle cosmique.

 

D'autres disciplines montrent le même type de préoccupation en se tournant vers l'expérience des médecines traditionnelles. Mentionnons les études portant sur l'anthropologie de la maladie (en France) ou sur l'anthropologie médicale (aux USA et au Canada), ou dans les travaux consacrés à l'ethnomédecine et à l'ethnopharmacologie (aux USA, en Amérique Latine, en Europe).

 

Enfin, il est remarquable de noter que les gouvernements des nations tendent de plus en plus à intégrer les savoirs traditionnels à l'enseignement académique, afin de donner une impulsion significative à l'action pratique de terrain. Cette nouvelle stratégie mondiale incite les populations à l'autodétermination, c'est-à-dire à prendre elles-mêmes en charge le processus des soins, ceci pour des raisons économiques évidentes, ou pour des raisons politico-culturelles visant à décentraliser l'organisation de la prévention et de la lutte contre les maladies.

 

De ce fait, les vertus partiellement oubliées des médecines traditionnelles sont réexaminées d'un œil neuf, et parfois redécouvertes avec émerveillement. En effet, nombre de résultats thérapeutiques des médecines anciennes - dont certaines ont conservé leur caractère sacré - s'avèrent encourageants et connaissent une faveur grandissante auprès des peuples d'Occident.

 

En écho à cette exigence de leurs patients, beaucoup de médecins et d'autres professionnels de formation scientifique s'intéressent aux méthodes dites "parallèles", telles que l'homéopathie, l'acupuncture, la naturopathie, les phytothérapies africaine, chinoise, indienne, amazonienne, etc. Il est de plus en plus avéré que l'expérience très ancienne de quelques-unes unes de ces approches traditionnelles est d'un grand intérêt, même si elles restent parfois contestées.

 

Nécessité de nouvelles vérifications

On doit admettre que la recherche permettant d'évaluer de façon objective l'avantage des médecines traditionnelles est encore insuffisante, quand elle ne brille pas par son absence. Rares sont aussi les études qui tentent d'explorer l'efficacité thérapeutique d'une combinaison de différentes méthodes de soins, solution "hybride" d'ailleurs adoptée depuis longtemps par beaucoup de patients.

 

Face à ces pratiques cumulatives, la médecine scientifique refuse souvent d'entrer en matière, pour des raisons dogmatiques, sociales, ou par ignorance des avantages d'une approche mieux intégrée. Nous pensons qu'il existe un réel besoin de favoriser de telles études comparatives et de jeter, quand cela s'avère possible, des "ponts" entre les différentes méthodes de soins, entre les savoirs et les compétences des uns et des autres.

 

En effet, nous pensons qu'en ouvrant un champ d'expérience et de recherche à partir d'un point de vue comparatiste, il doit être possible de vérifier l'utilité concrète de telles combinaisons thérapeutiques, tant sur le plan de la santé que sur le plan économique. L'objectif reste de promouvoir une approche globale et humaniste, restaurant l'intégrité de la personne sans négliger l'efficacité concrète des soins.

 

Il s'agit de rétablir une définition de la santé qui ne fragmente plus la personne humaine en compartiments examinés indépendamment les uns des autres, d'une perspective qui n'isole plus cette personne de son environnement physique, psychologique et socioculturel, et qui ne considère plus avec dédain les attentes ou interrogations philosophiques et spirituelles des individus.

 

C'est pourquoi nous pensons qu'il est impérieux d'étudier ces problèmes de plus près, de façon méthodique et comparative, en sollicitant la collaboration de personnes compétentes venant d'horizons thérapeutiques multiples, même incompatibles à première vue. C'est la raison d'être de la Fédération Africaine des Naturopathes.

 

Qu'est-ce que la Fédération Africaine des Naturopathes?

La Fédération Africaine des Naturopathes est un organisme d'utilité publique, sans but lucratif. Dans une perspective humaniste et interdisciplinaire, elle poursuit deux buts principaux:

 

  1. Le premier but est d'ouvrir la voie à de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques au bénéfice de la santé physique et mentale. Ceci sera rendu possible grâce à des études et enquêtes de terrain comparatives portant sur les connaissances scientifiques et les méthodes de soins en Afrique et dans d'autres cultures. Ces recherches seront réalisées en collaboration avec des spécialistes de divers horizons (médecins, psychologues, soignants occidentaux et traditionnels, ethnologues, historiens, etc.) et auront pour objet de vérifier l'utilité respective des méthodes de soins occidentales et traditionnelles et aussi de leurs applications combinées dans certaines maladies. Les résultats positifs de ces recherches permettront d'élaborer concrètement et de mettre en œuvre des soins concertés, de type parfois inédit, notamment s'ils conjuguent ces diverses approches, par exemple à titre de traitement complémentaire pour améliorer la condition physique, mentale ou sociale des personnes souffrantes, en mettant au point des dispositifs de soins naturels et économiques.

 

  1. Le deuxième but de la Fédération Africaine des Naturopathes est de diffuser ses propres travaux, mais aussi ceux réalisés par d'autres personnes ou institutions qu'elle reconnaîtra comme s'inscrivant dans la perspective qu'elle s'est donnée. La diffusion s'adressera aussi bien aux spécialistes du monde scientifique qu'à un plus vaste public, au moyen d'enseignements divers, de conférences, de séminaires, de congrès et de publications écrites ou audio-visuelles.

 

Programme de la Fédération Africaine des Naturopathes

La Fédération Africaine des Naturopathes focalisera en priorité ses intérêts sur les problèmes de santé pour lesquels la médecine occidentale s'avère peu efficace ou insuffisante et qui pourraient bénéficier de l'apport des médecines traditionnelles africaines.

Dans un premier temps, la Fédération se donne pour mission d'identifier et de répertorier ces problèmes, dans un deuxième temps de les étudier au moyen de recherches diverses, et enfin dans un troisième temps d'y répondre au moyen de stratégies de soins nouvelles.

 

1. Identification des problèmes:

 

Une première catégorie de problèmes concerne notamment les maladies aiguës ou chroniques, physiques ou mentales, dont le traitement selon les méthodes occidentales ne tient pas compte du patient dans sa globalité et reste insuffisant ou inefficace. Par exemple certaines formes de douleurs rebelles, les troubles classés comme "fonctionnels", "atypiques", "hypochondriaques" ou "hystériques" et pourtant invalidants, les maladies sévères (certaines formes de cancer, d'immunopathies, de maladies mentales réputées incurables, etc.).

 

Souvent ces troubles de santé sont traités sans tenir compte de leur résonance psychologique, familiale, socio-culturelle, existentielle ou spirituelle; ils pourraient aussi bénéficier de thérapies complémentaires destinées à soulager le patient, tout en améliorant son état.

 

Il est aussi des maladies traitées pour leurs symptômes, mais non pour les habitudes et attitudes mentales qui les sous-tendent (hygiène de vie, attitude morale et psychologique envers la santé et la maladie, envers l'environnement, les biorythmes et les relations de l'homme avec son contexte climatique, son rythme circadien ou circannuel, etc.)

 

Nous pensons qu'une recherche multidisciplinaire pourrait apporter en ce domaine des idées neuves, en valorisant le patient dans sa compétence à prendre soin de sa santé de façon responsable, et sans culpabilité inutile.

 

En outre, dans ce même ordre de préoccupations, doivent être pris en compte les problèmes de prévention, concernant la personne réputée "saine" et dont l'avenir peut être hypothéqué selon la façon dont seront vécues les crises physiologiques de leur évolution naturelle (par exemple les adolescents et la population jeune dite "à risque").

 

Les problèmes de prévention concernant les personnes âgées devront être pris en compte aussi: comment améliorer l'autonomie, la mobilité corporelle, le moral des gens du troisième âge, en leur offrant une assistance concrète (exercices adaptés du corps, individuellement, en couple ou en groupe), en renouant des contacts dynamiques avec leurs familles, leurs descendants ou la société en général.

 

Souvent ces personnes du troisième âge sont isolées de leur milieu naturel, ou bien "oubliées" dans un établissement médico-social; en valorisant leur expérience, en leur confiant diverses tâches socio-éducatives, morales, en stimulant leurs intérêts philosophiques ou spirituels sans les dissocier des pratiques du corps, etc., on contribuera à leur bien-être et à leur plaisir de vire. Beaucoup d'exercices du corps de type africain s'avèrent utiles en ce domaine.

 

2. Types de recherches:

Les recherches que la Fédération veut réaliser et promouvoir sont de divers ordres.

 

Il s'agit entre autres, de recherches comparatives, confrontant les savoirs et techniques de la médecine occidentale à ceux des méthodes de soins traditionnelles. Par exemple, l'étude comparative du mode de pensée de la médecine occidentale et des médecines traditionnelles, en des domaines tels que la définition de la souffrance, de la maladie, de la santé, des soins, de la place de l'homme dans la nature et le monde, etc.

 

Il s'agit aussi de recherches portant sur une anthropologie du soin, visant par exemple à évaluer la part de référence rationnelle ou irrationnelle chez les patients et chez les soignants de toute catégorie. Souvent, en effet, les convictions profondes des patients comme des soignants jouent un rôle primordial (trop longtemps sous-estimé) dans l'évolution d'une pathologie donnée.

 

Un examen attentif permet de constater que la maladie est souvent le support implicite d'une quête spirituelle, d'une recherche de signification ou de l'accomplissement d'une destinée. A cette fin, des enquêtes portant sur les phases de la demande de soins par les patients, viseront à mieux les comprendre en évaluant leurs expectatives formulées et non formulées, en étudiant leurs itinéraires thérapeutiques.

 

D'autres études essentielles chercheront à comparer les méthodes de traitement pour un syndrome spécifique par la médecine occidentale et par les soins traditionnels, en évaluant leurs efficacités respectives, en comparant des collectifs de patients soignés par l'une ou l'autre méthode, et en explorant l'efficacité de la combinaison de ces méthodes.

Ces diverses recherches seront enrichies par d'autres études portant sur les nosographies respectives (façon de définir et de classer les maux). Enfin, elles devront idéalement être réalisées en collaboration éclairée avec les systèmes soignants déjà en place.

 

3. Nouvelles stratégies de soins:

 

Les stratégies de soins que la Fédération souhaite développer et promouvoir se voudront novatrices et imprégnées d'humanisme. Elles tiendront compte des combinaisons avérées utiles de soins scientifiques habituels et de soins traditionnels (massages, phytothérapie, exercices préventifs du corps et de l'esprit, habitudes alimentaires et autres, etc.). Elles viseront à promouvoir la prise en charge personnelle par le patient de son "capital santé", par des moyens pédagogiques (cours, sensibilisations diverses, informations régulières, exercices préventifs divers, etc.).

 

Les modèles théoriques ont leur importance dans un tel contexte et ne se limitent pas au champ de la médecine proprement dite. Elles incluent diverses études interdisciplinaires (philosophiques, historiques, littéraires, sociologiques, linguistiques, ethnologiques) des conceptions de la condition humaine, de l'homme malade. Elles souhaitent promouvoir une philosophie de la santé souple et diversifiée, évitant tout dogmatisme et tenant compte de l'extraordinaire richesse des données biologiques, psychologiques, socio-culturelles, philosophiques et spirituelles de l'humanité.

 

La Fédération Africaine des Naturopathes s'engage chaque année dans des activités organisées en étapes répondant à un impératif logique. Ainsi, chaque projet de la Fondation respectera des étapes cohérentes, incluant l'élaboration d'un plan opérationnel, intégré de façon cohérente à l'ensemble des travaux, et réalisé en collaboration avec un comité scientifique consultatif réunissant des représentants compétents dans les disciplines concernées.

 

La Fédération Africaine des Naturopathes demandera la collaboration de toutes les personnes ou institutions aptes à répondre à ses objectifs. Ainsi, dans le monde scientifique, seront consultés les médecins des hôpitaux, des services ambulatoires ou de la pratique privée, de même que les autres soignants (physiothérapeutes, infirmiers, psychologues, etc.) et les autres chercheurs travaillant dans des disciplines en rapport indirect avec le monde médical (ethnologie, sociologie, philosophie, histoire, linguistique, etc.).

 

Parallèlement, la Fédération Africaine des Naturopathes s'adressera aux personnes et institutions représentant les médecines traditionnelles de cultures locales ou étrangères, pour les consulter ou les inviter à collaborer activement à la réalisation de ses projets. Enfin, la collaboration des patients à ces travaux sera valorisée non plus en les encourageant à accepter passivement les mesures proposées, mais à se les approprier en contribuant à leurs applications éclairées et inventives par leurs propres idées et suggestions.

 

Diffusion des travaux de la Fédération Africaine des Naturopathes

 

Périodiquement, la Fédération Africaine des Naturopathes fera connaître aux milieux scientifiques et au public les résultats de ses travaux, qu'elle publiera dans sa propre revue et dans d'autres revues spécialisées ou ouvertes à un large public. Elle publiera également des livres adressés aussi bien aux spécialistes des disciplines concernées qu'à un plus vaste public.

 

Ces livres comprendront par exemple des lexiques comparatifs des maladies, de la terminologie des soins occidentaux et traditionnels, des dictionnaires permettant de définir ou traduire de façon appropriée certains concepts théoriques ou techniques en plusieurs langues, des ouvrages de synthèse de divers degrés, des manuels techniques, des textes de vulgarisation, etc.

 

Parallèlement à ces recherches et à ces publications, la Fédération Africaine des Naturopathes mettra en place divers types et degrés d'enseignement permettant aux professionnels ou non professionnels d'acquérir des connaissances qui touchent directement ou indirectement à son domaine, sur le plan théorique comme sur le plan technique.

 

Il s'agira par exemple de divers enseignements théoriques sur l'approche comparative entre médecine occidentale et soins traditionnels, d'études de textes et de traditions anciennes, d'initiation technique à diverses méthodes thérapeutiques traditionnelles en recourant aux offices de praticiens expérimentés en la matière, d'initiation ou de spécialisation dans les diverses pratiques préventives (exercices physiques, diététique, hygiène de vie, etc.).

 

Enfin, elle proposera des supervisions aux praticiens intéressés, en recourant à la collaboration permanente ou périodique de praticiens expérimentés et dont la compétence est reconnue dans les médecines traditionnelles (thérapies, phytothérapie, massages divers, exercices mentale ou de la méditation et relaxation, etc.).

 

Un rapport d'activité annuel sera fourni aux collaborateurs de la Fédération Africaine des Naturopathes et à toute personne intéressée.

 

Esprit de la Fédération Africaine des Naturopathes

Les membres de la Fédération Africaine des Naturopathes, ainsi que toutes les personnes amenées à collaborer avec elle, travailleront dans un esprit d'ouverture, c'est-à-dire humaniste, inventif et non dogmatique. Leur but fondamental est de servir la santé au sens le plus large.

Le Comité de la Fédération Africaine des Naturopathes est le garant de l'application des principes de cette Charte.