Ethnobotanique

Fédération Africaine des Naturopathes

L'union fait la force et ensemble nous serons plus forts et plus influents!

ETHNOBOTANIQUE

 

 

La Fédération Africaine des Naturopathes veut contribuer à la sauvegarde de l’immense savoir des tradithérapeutes africains en matière de soins médicinales, connaissance millénaire transmise oralement de génération en générations, tout en protégeant leur propriété intellectuelle.

 

Notre responsabilité en tant que guérisseurs est de savoir identifier la cause dissimulée derrière la cause qui apparaît en ce monde comme l'effet, discerner la façon dont les synergies opèrent dans le corps humain et dans la terre elle-même, et finalement reconnaître l’Infini caché qui réside en tout un chacun.

 

L'AFRIQUE ; UN TERROIR FAVORABLE POUR ENTREPRENDRE DES ENQUÊTES ETHNOBOTANIQUES

 

En renouvelant l'anatomie et en créant la physiologie, la révolution scientifique galiléenne de la première moitié du XVIIème siècle introduit la méthode expérimentale dans les sciences naturelles. Les brèches s'agrandissent dans le mur des théories pseudo-savantes, les naturalistes et les physiciens se posent des questions sur la nature.

 

Ils entendent l'étudier avec objectivité selon la méthode expérimentale. Ils s'affichent franchement matérialistes, ils excluent toute intervention d'une quelconque force surnaturelle dans leur explication des phénomènes naturels. Ils érigent en principe que toute chose de la nature a un sens et peut être domestiqué. Les botanistes classe les espèces botaniques en adoptant une nomenclature binaire: chaque plante est caractérisée par son genre et son espèce. La botanique s'affranchit de la médecine, elle devient une science indépendante.

 

Placés devant les errements et les impasses des alchimistes tendant à la réalisation du grand œuvre, en quête de la pierre philosophale, les chimistes se comportent en révolutionnaires. Ils font table rase de toutes les rêveries et de tous les mysticismes qui avaient envahi les esprits de leurs prédécesseurs au moyen-âge. Les chimistes, adeptes d'une science exacte, reprennent et approfondissent les théories atomistiques de Démocrite. Les recherches de l'époque sur les composés gazeux, en particulier celles menées sur les composants atmosphériques sont déterminantes: non seulement elles aboutissent à la préparation et à la description d'éléments chimiques nouveaux au sens valable aujourd'hui, mais de surcroît elles éclaircissent les notions de masse et de poids des matières chimiques. Elles contribuent pour beaucoup à ce que la chimie devienne la science à part entière que nous perpétuons aujourd'hui.

 

HISTORIQUE

La recherche scientifique moderne y prend un essor décisif. Son développement repose sur les idées nouvelles qui ont germés auparavant. Aujourd’hui, les principales avancées de la recherche en chimie concernent la chimie organique. La chimie végétale n'étant en réalité qu'une branche de la chimie organique (les deux disciplines ont pour fondement le même ensemble de théories cohérentes), l'une et l'autre se développent en parallèle.

 

Les deux activités principales des chimistes consistent, en la détermination des structures moléculaires des composés et leur synthèse à partir de produits simples disponibles. En observant en laboratoire la formation d’urée à partir de matières premières minérales. Les expériences ont démontre une fois pour toutes qu'il est possible de synthétiser artificiellement les composés élaborés par les organismes vivants. Jusque-là, on avait toujours pensé au contraire que la synthèse des composés organiques était l'apanage des organismes vivants et qu'elle ne pouvait se produire sans qu'intervienne la force vitale des végétaux et animaux. Le mythe ancien de la vis vitalis a vécu, avec pour corollaire obligé qu'un produit n'est ni plus ni moins naturel qu'il soit synthétisé en laboratoire ou qu'il soit extrait d'un végétal: rien ne les distingue, rien ne les différencie, ils sont tout à fait identiques.

 

ALCALOÏDES

Le pavot (Papaver somniferum, Papaveraceae), très puissant somnifère est connu en Afrique depuis au moins 5000 ans. Le principium somniferum du pavot a été préparé sous forme cristalline, en isolant un composé cristallisable basique on l’appellera morphine en l'honneur de Morphée, dieu des songes, fils du Sommeil et de la Nuit. Ceci ouvre la porte à l'étude des composés végétaux qui réagissent comme des bases.

 

Les savants européens empruntent les pas, sans plus jamais associer les Africains aux travaux et Ils préparent la série de substances actives obtenue à ce jour. En 1817 les autres savants ont vérifié l'exactitude du travail sur le pavot. En sus de la morphine, il obtient la narcotine, à présent appelée noscapine. Ensuite, l'Ipéca (Cephaelis ipecacuanha, Rubiaceae), a été analysé, drogue fameuse utilisée au Brésil dans le Matto Grosso, Ils en extraient l'émétine.

 

Quelquels annees plus tard, en analysent deux redoutables poisons tétanisants, la noix vomique (Strychnos nux-vomica, Loganiaceae, orignaire de l'Inde) et les fèves de Saint-Ignace (Strychnos ignatii, des Philippines). Dans les deux cas ils obtiennent la strychnine. La strychnine et brucine ont été isolées et analysé ensuite les écorces des quinquinas pour obtenir la quinine. Dans le classement des alcaloïdes selon l'ordre chronologique de leur découverte, l'histoire glorieuse de la chimie végétale retient que morphine, noscapine, émétine, strychnine, brucine et quinine arrivent en tête.

 

Sans partager la réussite avec les savants africains qui ont faire la découverte, les européens attribueront le nom d'alcaloïdes aux substances d'origine végétale qui ont l'apparence d’alcalis, l'action de la morphine et de la strychnine a été aussi décrit pour investigue la quinine c’est ainsi que commencer la fabrication de la quinine, médicament spécifique des crises de paludisme. Au moment de la découverte de la quinine, la connaissance botanique des arbres producteurs, les quinquinas est suffisante pour que se déroulent correctement les premiers travaux afin que l'activité thérapeutique de la quinine est certes établie.

 

Ensuite vient la découverte de caféine présente dans les grains de café à raison de un à trois pour cent. La caféine est un stimulant cardiaque. Les plantes stimulantes à base de caféine et sinon de molécules apparentées sont multiples. La domestication de ces végétaux dans toutes les régions où ils poussent naturellement est ancienne. Le café (Coffea arabica, Rubiaceae), la noix de Cola (Cola nitida, Sterculiaceae), sont aussi des surpris venant de l’Afrique, selon une formule tenue secrète une boisson gazéifiée et tonique à base d'extrait de noix de Cola et d'extrait de Coca décocaïnisé qui reçoit le nom très publicitaire de Coca-Cola !

 

Il faut, malheureusement, renoncer à tourner toutes les pages du grand livre de la redécouverte des plantes anciennes et utiles, le sujet est trop vaste mais en résumé, les plantes médicinal Africain sont devenue une usine vivante qui élabore des substances qui sont le support obligé de ses activités sur la santé.

La plante crée le principe médicamenteux, que le chimiste extrait en lui conservant toutes ses propriétés bonnes et mauvaises, que le pharmacologue et le physiologiste étudient et que le médecin utilise en parfaite connaissance de cause. Le médicament passe de la plante à l'industrie. Les ressources de l'herboristerie apparaissent ce faisant comme un reflet mythique du passé.

 

La plupart des composés végétaux préparés à l'état de pureté au siècle précédent sont des célébrités de la pharmacopée, objets d'incessants travaux de chercheurs. L'intérêt de la morphine pour la médecine reste entier. À la fin du XXe siècle, les équipes médicales en charge de soins palliatifs se multiplient. La morphine, malgré ses effets indésirables toujours débattus, reste le maître atout, pour traiter les douleurs inhérentes à certaines maladies. Le sirop d'ipécacuhana est employé comme émétique pour traiter certaines intoxications. L'émétine naturelle, remède spécifique contre les dysenteries amibiennes provoquées par Entomoeba histolytica, trouve un prolongement dans un dérivé synthétique: la déhydroémétine.

 

En début de XXe siècle, les défenseurs de l'idée qu'une mesure précise de la dose administrée du médicament permet de maîtriser leur effet, qualifient fièrement la strychnine de "cheval de bataille de la dosimétrie". Maîtrisé, le poison indien devient un médicament notoire. Prescrite en granule de un demi ou de un milligramme et à la dose de 2 à 5 milligrammes par jour, la strychnine est employée: pour traiter des paralysies, accélérer le cœur, exciter les organes génitaux, de même que dans le cas d'atonie du tube digestif et des phénomènes qui en résultent: inappétence, constipation ou diarrhée.

 

Imaginons toute la période qui précède la seconde guerre mondiale, l'importance de la quinine dans la lutte contre le paludisme. À la veille du conflit, la production mondiale annuelle d'écorces de quinquinas avoisine les vingt millions de kilos. L'industrie occidentale fabrique un million et demi de kilos de sulfate de quinine. Grâce à leurs colonies ils détiennent le quasi-monopole du quinquina dont ils assurent environ 90 % de la production mondiale. Ils subventionnées des programme de recherches visant à mettre au point des composés de synthèse aussi efficaces que la quinine mais plus faciles à fabriquer que celle-ci, l'usage d'antimalariques de synthèse se répand. Même quand malheureusement des souches de Plasmodium devenant résistantes à ces composés, ceux-ci doivent être renouvelés.

 

La quinine, qui conserve l'avantage que les Plasmodium ne s'adaptent pas à elle, reste indiquée pour traiter les cas de résistance aux antipaludiques artificiels. L'abandon de la quinine comme moyen spécifique de prophylaxie antipaludéenne n'entraîne pas une réduction importante de sa fabrication: la quinidine est employée au long cours pour la prévention des tachycardies. En effet les quinquinas, renferment la quinidine en sus de la quinine. La quinidine est un antifibrilant, elle est un médicament d'entretien prévenant les troubles du rythme cardiaque. L'industrie pharmaceutique la fabrique principalement par hémisynthèse à partir de quinine. Des tonnages importants de quinine servent également dans l'industrie alimentaire à conférer l'amertume aux boissons rafraîchissantes appelées "tonics". La demande mondiale en quinine reste donc élevée.

 

La guerre terminée, il a fallu rétablir des plantations de qumqumas. Les planteurs et les industriels, tenant à s'affranchir des contraintes politiques susceptibles d'arrêter leurs activités, ils installent des forêts de quinquinas en différentes contrées du monde: en Bolivie, en Équateur, au Vietnam; au Burundi, au Cameroun, en Guinée, au Kenya. L'Indonésie a perdu son mono­pole, le Congo Kinshasa devient le premier producteur mondial. La caféine combat l'impression de fatigues physique et psychique. Largement exploitée en thérapeutique, elle participe à la composition d'une quarantaine de spécialités. Associée à l'aspirine ou à la quinine, elle soulage état grippal et courbatures fébriles. Café, thé et cacao sont des drogues très prisées en Occident.

 

Leurs pays d'origine ne pouvant satisfaire seuls à la demande du marché, l'Europe coloniale ne tarda pas à répandre sur ses terres d'outre-mer la culture du café, du thé et du cacao et à importer les récoltes en métropole. Pour concurrencer le thé chinois, les Hollandais mettent en place la culture du thé à Java. Les Anglais font de même dans le nord de l'Inde et à Ceylan. Le Brésil s'impose comme premier producteur mondial de café et principal fournisseur de l'Europe. Colombie, Mexique, et Amérique centrale sont les autres gros producteurs.

 

En Afrique la culture du cacao, du thé et du café robusta (Coffea canephora var. robusta) se propage au cours du XXe siècle en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Kenya et au Congo Kinshasa. Le cacao est cultivé au Nigeria, au Ghana et au Cameroun. La Côte d'Ivoire en est le premier producteur mondial. Les kolatiers poussent depuis toujours dans les villages depuis la Sierra Leone jusqu'au Gabon. Les noix de kola, réputées stimulantes, hypnofuges mais aussi aphrodisiaques, sont des masticatoires vendus sur tous les marchés d'Afrique noire. La production de noix de Kola en Afrique dépasse les besoins de la consommation domestique: des millions de kilos de graines de kolatier sont exportés pour répondre aux besoins de fabricants de boissons gazeuses.

 

Introduite dans le Coca-Cola, la Kola africaine se répand dans tout l'empire commercial américain. La production mondiale annuelle de café estimée en 1830, à dix millions de kilos dépasse, en fin de millénaire, les cinq milliards de kilos l'an; celle du thé atteint les deux milliards de kilos et celle du cacao approche cette valeur. Café, thé, cacao et noix de Kola représentent un gigantesque commerce. La production de ces denrées est source de revenus pour des millions de planteurs. Au Cameroun, café et cacao représentent à eux seuls plus de la moitié des recettes d'exporta­tion.

 

En 1906, un botaniste russe a inventé la chromatographie, pour sépare des chlorophylles en les filtrant sur une colonne d'adsorbant. La technique reste confidentielle: sa portée générale est reconnue seulement quelque trente ans plus tard. Le perfectionnement de la méthode, dans la seconde moitié du XXe siècle, permet de séparer les composants de presque tous les mélanges d'origine végétale. Durant cette même période, la phytochimie tire grand avantage de la physique et de la physico-chimie.

 

Elle s'appuie sur la spectrométrie de la lumière, sur la spectrométrie de masse et sur la résonance magnétique nucléaire pour établir les structures moléculaires. Le champ des travaux de chimie végétale va s'élargissant, il s'ouvre de plus en plus fré­quemment à des plantes méconnues de tous, à l'exception des botanistes qui les ont repérées et décrites. Un exemple marquant est celui d'Apocynaceae à alcaloïdes indoliques. Les Apocynaceae regroupent quelque 1.500 espèces, essentiellement tropicales, rares en milieu tempéré. Vues sous l'angle de la chimie, les Apocynaceae, se divisent en plantes à hétérosides cardiotoniques, à alcaloïdes stéroïdiques et à alcaloïdes dérivés de l'indole. Ces dernières sont inconnues des chimistes jusqu'au milieu du siècle ou presque. Leur étude débute avec l'analyse du Rauwolfia serpentina.

 

Le serpentina est un arbrisseau dont les racines sont utilisées en Inde en médecine ayurvédique pour apaiser l'esprit de même que comme alexitère. En 1931, des chercheurs indiens mentionnent la présence de cinq alcaloïdes dans les racines de l'espèce. La réserpine ne figure pas parmi ces composés. Le travail indien n'a pas de retentissement particulier sur le monde savant, Sans doute parce que la guerre mondiale en préparation l'occulte. En 1952, les chercheurs d'une firme pharmaceutique renommée reprennent l'étude de Rauwolfia serpentina. Ils isolent la réserpine. La réserpine est sédative et hypotensive. Elle atténue l'agressivité, elle agit sur les dysfonctionnements mentaux. La réserpine est le principe tranquillisant du serpentina. Elle devient vite un médicament vendu dans le monde entier. Pour le fabriquer, l'industrie extractive importe des racines de serpentina récoltées en Inde.

 

La surexploitation des gîtes naturels risque de tôt faire disparaître l'espèce. L'Inde s'en préoccupe: elle limite strictement la cueillette des racines. Par ailleurs la culture des serpentina est une opération financièrement hasardeuse eue égard à la petite taille de la plante et à la faible teneur en réserpine de ses racines.

Pour remédier à cette situation, les chimistes commencent à analyser d'autres espèces du genre Rauwolfia. Ils espèrent trouver des sources nouvelles et supplémentaires de réserpine. Rauwolfia vomitoria, petit arbre fréquent dans les recrus forestiers d'Afrique centrale, s'avère riche en réserpine.

 

L'industrie se sert dès lors du vomitoria pour produire la réserpine. Parmi les pays fournisseurs de vomitoria, la République Centre Africaine exporte près de 300 tonnes d'écorces de racines. La réserpine fait date dans les annales de la thérapeutique: elle s'impose comme le premier "tranquillisant". La notoriété et l'importance des travaux concernant la réserpine et les Rauwolfia poussent les chimistes à procéder à l'analyse systématique de toutes les Apocynaceae à alcaloïdes indoliques, avec le secret espoir d'y découvrir des composés aussi intéressants que la réserpine.

 

VOACANGA AFRICANA

Apocynaceae, arbuste répandu en Afrique Centrale et de l'Ouest, produit des graines très riches en tabersoninc, un alcaloïde dont la forme moléculaire est proche de celle de la vincarnine. De chercheurs ont transformé la tabersonine en vincamine avec un excellent rendement en reproduisant en laboratoire les réactions que les végétaux concernés effectuent pour réaliser cette opération. Par ce procédé, cent kilos de graines de Voacanga suffisent pour préparer un kilo de vincamine.

 

L'Afrique exporte dès lors ses graines de Voacanga. La transformation de la tabersonine en vincamine est un évènement: pour la première fois les chimistes reproduisent en laboratoire la marche des réactions naturelles, ils miment la nature, ils empruntent la voie biomimétique, la meilleure parce que la plus efficace et la plus facile. Les travaux entrepris sur Pervenche ne sont pas moins remarquables que ceux menés sur Catharanthus roseus. Pervenche de Madagascar, est parmi les végétaux qui ont suscité le plus grand nombre d'études botaniques, chimiques ou pharmacologiques.

 

À Madagascar, en Afrique du Sud, à la Jamaïque, aux Philippines, la Pervenche passe pour un remède du diabète. Les premières études démontreront vite que la Pervenche n'a pas d'action hypoglycémiante. Par contre, elle possède une activité antitumorale. Quatre alcaloïdes minoritaires sont responsables de l'activité anticancéreuses, dont la vinblastine et la vincristine. Ces composés de structure complexe sont utilisés dans la chimiothérapie de la leucémie et de différents cancers notamment celui des ganglions.

 

La Pervenche est multipliée à Madagascar, et elle produit environ un million de kilos de matière première. Le rendement de l'extraction de la vinblastine et de la vincristine est extrêmement faible: quelques grammes par tonne de matière Vegetal séche. Dès lors le recours à ces composés dans la lutte contre le cancer étant coûteux, les chimistes ce sont efforcés de les fabriquer, à prix plus reduit par voie d'hémisynthèse biomimétique. Les Apocynaceae renferment souvent de nombreux alcaloïdes. Rauwofia serpentina compte vingt-six alcaloïdes et Rauwofia vomitoria quarante-sept. Voacanga africana possède vingt-huit alcaloïdes, Vinca minor pas moins de quarante-cinq et Catharanthus roseus, à lui seul, septante. L'étude des alcaloïdes indoliques des Apocynaceae a conduit à la caractérisation de centaines de composés nouveaux, dont certains possèdent des propriétés remarquables.

 

L’industrie pharmaceutique occidentale

Au début du XXe siècle, l'industrie pharmaceutique commence à se structurer d'abord en Allemagne. Après la seconde guerre, l'industrie pharmaceutique moderne mondiale prend son essor. Les Universités et les Instituts de recherches publiques se développent. Les laboratoires industriels, publics et universitaires mobilisés par des travaux de chimie végétale augmentent en nombre et en importance.

 

Au cours de la seconde moitié de ce siècle le perfectionnement constant des instruments de séparation, d'analyse et de caractérisation des composés accélère le rythme des recherches. Il devient possible d'établir rapidement la structure moléculaire des composés, opération qui auparavant demandait presque toujours de longs mois, sinon des années d'efforts. Le champ de la chimie végétale s'élargit: il porte de plus en plus en plus fréquemment sur des espèces que les botanistes sont seuls au départ à connaître.

 

Le taux d'accroissement des faits de chimie végétale reconnus progresse d'une façon quasiment "exponentielle'. En 1900 on connaît une centaine d'alcaloïdes. En 1940, ce nombre est passé à 300. En 1950, à un millier. En 1970, à près de 5.000. En 1995, à plus de dix mille. Les spécialistes des questions de chimie végétales s'intéressent avec autant d'ardeur et autant de succès à tous les groupes de produits végétaux: saccharides, lipides, acides aminés, polypeptides, stéroïdes, terpénoïdes, composés phénoliques, alcaloïdes ...

 

La recherche sur les végétaux suscite une littérature scientifique mondiale évaluée à quelque dix milles articles par an à la fin du XXe siècle. Durant cette même période, le nombre de produits nouveaux isolés au départ de végétaux supérieurs oscille entre quinze cents et deux milles par an. Les perspectives restent excellentes: seulement un quart des espèces végétales ont été analysées.

 

Au XXIe siècle : Le retour sur la reconnaissance de la richesse de l’AFRIQUE !

La découverte d'antitumoraux dans certains végétaux marque les esprits et persuade que le combat contre les maladies résistantes et émergentes trouve armes dans des travaux de chimie végétale. Une nouvelle ère s'ouvre avec la mise en service d'instruments de criblage pharmacologique robotisés capables de soumettre à cadence élevée des extraits végétaux à des tests biologiques typiques des différentes pathologies.

 

Rien ne démontre que l'on puisse trouver dans le monde végétal des molécules pour soigner et guérir les cancers, le sida, l'hypertension, le diabète, la malaria, la maladie du sommeil, la tuberculose ... Mais il est raisonnable de croire que la mise en œuvre des moyens d'analy­se automatisés accélère grandement le rythme de cette recherche. On est en effet en mesure, au cours des années qui viennent, de tester l'activité potentielle de plus de végétaux qu'au cours des trois siècles précédents réunis.

 

À un moment où, selon les optimistes, l'humanité possède les moyens techniques suffisants pour trouver dans les végétaux de nouveaux remèdes aux maladies pour donner la santé au plus grand nombre, et où, selon les pessimistes, elle est occupée à saccager le monde végétal en détruisant sa diversité, je voudrais échapper à cette grande entreprise de juger de ce qui peut survenir. Un jugement porté sur le futur est toujours incertain et émettre une opinion sur l'avenir d'une discipline scientifique, qu'elle soit sienne ou non, permet souvent de mesurer tous les écueils qui séparent les constructions de l'esprit de leur réalisation. L'avenir de la chimie végétale est la chimie végétale elle-même.

 

Nous ne parlerai que du seul sujet où notre expérience peut apporter un avis éclairé sinon décisif: l'Afrique demeure-t-elle un terrain privilégié pour la prospection des plantes? Nous répondons par l'affirmative à cette question: l'Afrique constitue toujours une vaste réserve naturelle où genres et espèces de certaines familles tropicales sont suffisamment bien représentés pour permettre la récolte d'échantillons végétaux représentatifs d'unités systématiques.

 

L'Afrique demeure un terroir favorable pour entreprendre des enquêtes ethnobotaniques. Certains de ses habitants conservent des modes de vie originaux et possèdent une science aiguë de leur environnement végétal. Ils disposent de tous les termes nécessaires et distincts pour nommer les plantes qui les entourent.

 

Leur savoir ne se limite pas à l'identification précise des espèces:

  • chacun est héritier d'une longue tradition issue d'une accumulation d'expériences pratiques et d'observations minutieuses de la nature faites par ses devanciers ;
  • chacun connaît l'usage et les propriétés des plantes qui sont à sa disposition;
  • chacun sait où trouver plantes comestibles, plantes textiles, plantes pour la vannerie, bois d'œuvre, bois de chauffe, plantes pour la sparterie, plantes toxiques, poisons d'épreuves, poisons halieutiques, poisons cynégétiques et plantes médicinales.

 

La prospection des flores africaines, outre son intérêt scientifique, pratique et fondamental, revêt dans le contexte économique actuel, une importance certaine pour les pays de collecte. Si elle aboutit à la découverte d'un produit pharmaceutique nouveau, elle suscite l'éclosion d'un nouveau commerce de produits de la cueillette et l'installation d'un nouveau type de culture, en favorisant le développement d'un secteur industriel qui fait souvent appel à un ensemble de techniques sophistiquées.

 

L'installation d'une industrie extractive éviterait au pays producteur une hémorragie de devises liée à l'achat du médicament à l'étranger, voire même lui assurerait une rentrée monétaire s'il exporte une partie de la production. Cette implantation industrielle peut encore avoir d'autres répercussions heureuses.

Une entreprise industrielle nouvelle qui s'installe dans une nation en développement peut devenir une école, où de jeunes ouvriers se familiarisent avec les techniques actuelles de production des biens matériels, où les jeunes cadres ont la possibilité d'acquérir les conceptions qui font les capitaines d'industrie. Mais il ne faut pas se leurrer, une telle opération aussi souhaitable soit elle, reste un combat difficile à gagner.

 

Les substances d'origine végétales entrant annuellement dans l'arsenal thérapeutique international se comptent sur les premiers doigts de la main. En outre, l'introduction sur le marché mondial d'un médicament réclame en moyenne une dizaine d'années d'études approfondies préalable tant de la molécule que de ses propriétés, bonnes et mauvaises. Enfin, tous frais confondus, le coût du lancement d'un nouveau médicament est souvent de plusieurs dizaines de millions d'euros au minimum.

 

Ce pari sur l'avenir mérite cependant d'être tenu, car, il offre aux nations en développement la possibilité de puiser dans ce patrimoine commun de l'humanité qu'est la technicité pour ensuite enrichir ce patrimoine par de nouveaux apports.

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