La Fédération Africaine des Naturopathes
Origine et création de la Fédération Africaine des Naturopathes
En 2008, un groupe de chercheurs pluridisciplinaires Africain effectue un voyage en Afrique afin de faire le point sur les méthodes thérapeutiques contemporaines qui y ont cours.
Au cours de leur visite dans huit pays du continent, ce groupe de chercheurs et professionnels sont frappé par la façon dont dans quelques régions les africains appliquent conjointement et avec succès, les méthodes modernes et les méthodes fortes anciennes de la médecine traditionnelle (diagnostic des pouls, thérapies, massages, médicaments végétaux et minéraux).
À leur retour, l'un d'entre eux, le Dr Alpha Grace alors sociocriminologue en Suisse, organise dans plusieurs centres de recherches et universitaires où il travaille et avec l'aide de son chef, un séminaire d'études comparatives et interdisciplinaires, qui se tient de janvier 2010 au printemps 2011.
L'objectif de ce séminaire est alors de comparer la façon dont la médecine occidentale et la médecine traditionnelle Africaine peuvent décrire et soigner divers syndromes et maladies de type psychosomatique ou de type psychiatrique.
Ce séminaire rencontre un vif succès, puisqu'il réunit plus de 75 participants : médecins occidentaux et Africains, psychologues, infirmiers, guérisseurs, physiothérapeutes, sociologues, juristes, anthropologues, écrivains, philosophes, etc.).
Le rayonnement de cette approche pluridisciplinaire se fait même bien au-delà du groupe de participants puisqu'il éveille rapidement un vif intérêt chez de nombreux soignants, thérapeutes et patients, comme auprès d'une partie de la population et de la presse.
Le Dr Alpha Grace décide alors de pérenniser et de fédérer ces élans enthousiastes. Il conceptualise, dans cette perspective, avec plusieurs participants de ce séminaire, le projet d'une Fédération. C'est de cette démarche que la Fédération Africaine des Naturopathes voit le jour le 8 Aout 2012.
Le Comité de la Fédération, qui se réunit la première fois le 25 du même mois d’aout 2012, est alors constitué de:
• Dr Martin Sigam, médecin et vice-président.
• Mlle Rosane Daries, avocate et secrétaire du Comité.
• Dr Hermine Meido, ethnopsychiatre.
• Dr Zeze Jacques, médecine.
• Madame Bukola Phillips, anthropologue.
• Dr BIsaac Biyong, Pédopsychiatre.
Une séance d'inauguration à lieu le 5 septembre de la même année, à la grande salle polyvalente de Neuchâtel – Suisse. Une foule enthousiaste de plus de 200 personnes y assiste, avec, parmi elle, des représentants de diverses autorités et universitaires.
À cette occasion, la Fédération crée un abonnement de soutien à ses activités auquel répondent déjà plus de 150 adhérents durant cette première année chiffre qui est sans continue à s’augmenter jusqu'à ce jour.
Sept années d'une riche et passionnante expérience
Portée par l'esprit et l'enthousiasme de ses débuts, la Fédération Africaine des Naturopathes a durant ses sept premières années d'existence, largement réussi à obtenir et à maintenir les résultats qu'elle espérait obtenir.
Le regard rétrospectif que nous pouvons poser aujourd'hui sur le parcours effectué par la Fédération depuis sa création laisse émerger distinctement trois périodes d'activité.
La première période, de 2008 à 2010, a permis de réaliser un état des lieux des différentes méthodes de soin pratiquées en Europe et de participer activement aux débats publics et académiques ayant cours à leur sujet.
La seconde période, de 2011 à 2014, fut une période de développement. En se basant sur ses acquis, la Fédération a pu se consacrer à des activités de recherche, de formations et de réflexions originales au sein de la vie socio sanitaire Afro-Européen.
La troisième période, qui a débuté en 2015 et qui s'achève avec l'application du concept que nous définissions dans ce document, fut une période d'analyse et de bilan, tant du contexte socio sanitaire Afro Européen que des activités de la Fédération.
Mentionnons encore parallèlement à cette évolution, de 2015 à nos jours, l'investissement particulier et constant que la Fédération a accompli pour la Psynaturothérapie Africaine.
2008 -2017 : Un état des lieux et des propositions inédites dans le paysage socio sanitaire Afro Européen
Très impliquée dans le débat public sur la question des soins, de la santé et de la maladie, la Fédération Africaine des Naturopathes a implicitement, épousé les évolutions propres à ces domaines durant ces dernières années. Comme nous l'avons vu, lors de son avènement, la Fédération Africaine des Naturopathes a, tout d'abord, servi à explorer minutieusement la culture Africaine avec ses conceptions de la santé et de la maladie ainsi que ses pratiques de soin.
Raison pour laquelle l'identité même de la Fédération Africaine des Naturopathes en reste fortement imprégnée, le parrain de la Fédération Africaine des Naturopathes, Dr Martin Sigam, fut l'un des plus éminentes médecines traditionnalistes et la caution qu'il accordait à la Fédération authentifiait sans nul doute l'indiscutable qualité du travail qu'elle entreprit à propos de la culture africaine.
La Fédération Africaine des Naturopathes peut du reste se targuer d'être à l'origine du formidable développement de la Psynaturothérapie Africaine en Europe. Quasi inconnus en 2010, ces thérapies de soins et du bien-être son maintenant pratiqués dans la majeure partie des cités Européennes.
Cette exploration a suscité au sein de la Fédération, une réflexion sur les techniques du corps en relation avec la santé avant de l'amener à réfléchir sur la notion de malheur et de ses ressources cachées.
Cette réflexion fut même à la base d'une thèse de médecine, rédigée par le Dr Martin Sigam sous la direction du Prof Kapet de Bana. La réflexion fut ensuite portée sur la notion de soin avant de s'orienter, en retour, vers une technique de soin, reléguée aux oubliettes alors même qu'elle détient un formidable potentiel thérapeutique dans le paysage sanitaire contemporain : le touché.
Après ce mouvement progressif, allant de la culture Africaine à celle des européens en passant par les techniques du corps, le soin et le malheur, la Fédération mit en œuvre un important chantier sur la question du pluralisme des pratiques de soin.
Elle questionna en premier lieu la notion de comparaison et de différence avant d'aborder la vaste question du pluralisme médical dans notre société. Sous l'impulsion du Dr Sigam et du Prof Bana, fut mis sur pied, le séminaire "entre les ancêtres et le scanner " durant lequel furent présentés et confrontés plus de quarante modèles de soin différents.
Ce séminaire déboucha sur un congrès de deux jours organisé au Centre de Thérapie Ethnique à Montpellier - France et intitulé "Forum Médecine d’Ailleurs ".
Ce congrès fut l'occasion d'une rencontre dynamique et constructive entre les soignants des milieux alternatifs ou complémentaires et ceux des milieux académiques.
Achevant ses cinq premières années d'existence en restant fidèle à sa mission de réflexion et de découverte de nouvelles formes de soin, la Fédération explora encore des thèmes tels que celui de la naissance du voyage et finalement de la médecine africaine.
La cinquième année d'existence de la Fédération fut l'occasion d'un bilan qui ne pouvait que conclure à la poursuite des différentes missions qu'elle s'était fixée.
S'il était alors possible de tirer un bilan très satisfaisant de ces cinq premières années d'existence, il apparaissait cependant que les objectifs que s'était fixés la Fédération dans sa charte n'étaient pas encore totalement atteints.
Certes elle avait déjà su opérer un formidable travail de recensement et de comparaison entre différentes pratiques de soin, il lui restait cependant encore à explorer l'application directe et pratique d'une pratique originale et humaniste du soin.
De l'inventaire des modèles à l'exploration de la pratique du soin
Si, grâce à son imposant travail, la Fédération Africaine des Naturopathes avait déjà permis un repérage exhaustif des différents modèles de soins, elle fut cependant amenée à admettre qu'entre modèle conceptuel et pratique du soin, existe le plus souvent un énorme décalage, témoignant de deux réalités distinctes et différentes.
Gardant en ligne de mire l'objectif de l'application d'une pratique de soin originale et humaniste, la Fédération Africaine des Naturopathes mis dès lors un accent particulier sur l'analyse de l'activité soignante :
• Tout d'abord en réfléchissant sur ce que soigner veut dire puis en replaçant le soin dans un contexte humain et donc philosophique, en traitant des thèmes de l'altérité puis de l'identité.
• En donnant ensuite une place plus importante à la personne soignée, en la considérant en tant que personne active, détentrice de compétences et de ressources, telles que la résilience ou l'aptitude à l'entraide.
• En visitant notre rapport à l'outil de soin dans lequel la médecine occidentale place tant d'espoirs : le médicament
• En questionnant notre société sur son choix pour une médecine pour la médecine ou médecine pour la santé ?
• En questionnant les systèmes sanitaires sur sa capacité à l'intégration de différents modèles et de différentes pratiques de soin.
• En questionnant une autre culture africaine, afin de nous laisser éclairer en retour par ses savoirs et ses pratiques.
• En abordant une réflexion sur certains dénominateurs communs entre les pratiques de soin : soigner en reliant, le changement et l’imagination.
Le temps d'un bilan fondamental
Le passage du cap des sept années d'existence fut l'occasion de tirer un bilan conséquent sur les activités réalisées par la Fédération en réponse aux buts et objectifs initialement formulés. Une année entière fut ainsi consacrée à ce bilan avec une intense activité d'évaluation et d'ajustement aboutissant finalement au présent concept.
Durant cette période, les activités publiques de la Fédération se firent plus rares, cédant la place à une enquête évaluative auprès des souscripteurs de soutien et des usagers habituels de la Fédération, du Centre de Thérapie Ethnique ainsi qu'à une intense réflexion entre ses différents collaborateurs internes et externes.
Cette période a de ce fait, débouché en premier lieu sur un profond remaniement du Comité de la Fédération afin de rendre celui-ci à la fois plus opérationnel, plus accessible et plus proche de la réalité quotidienne de la direction exécutive et de ses collaboratrices et collaborateurs.
Le Conseil suprême de la Fédération est ainsi actuellement composé des trois personnes dont la disponibilité et l'intérêt ont permis aux activités de la Fédération de se développer durant les cinq dernières années de son activité.